George, au secours !

À peine, avions-nous terminé le livre audio du « Le château de Pictordu » qu’une « bonne âme », animée par je ne sais quelle rancœur ou tout autre forme de jalousie, n’a pas pu s’empêcher de donner, alors que personne ne lui demandait rien, un avis fielleux sur le travail de George Sand.

Petit aparté cependant, pour vous dire que les critiques négatives ou positives nous intéressent, dans la mesure où elles sont constructives d’une part, et qu’elles émanent d’un individu doté d’un à propos culturel suffisant d’autre part.

Mais revenons à cette bonne âme qui s’est livré avec une moue dubitative façon Brigitte Bardot dans Le Mépris, à un commentaire sur l’œuvre de George Sand, en général, quand il ne s’agissait que du « Le château de Pictordu ». Sans doute, me suis-je dis, une spécialiste de cette auteure ? Que nenni, rien de tout cela. Alors, en quelques mots petite madame, les histoires de cette écrivaine ne sont pas, comme vous le prétendez : « naïves », « enfantines » et « ne cassent pas trois pattes à un canard ». Les métaphores ont dû s’échapper de votre esprit fumeux mais, je vous le concède, quand on ne comprend pas le fond des choses, notre tendance est à la paresse et nous nous contentons de l’enveloppe.

Mais quand même ! George Sand !

L’engouement que beaucoup lui portent ne vous a pas interpellée ?

Outre son écriture qui a su réunir à toutes les époques, elle a porté son discours républicain avec force tout en prouvant au fil de sa carrière qu’une femme a de l’esprit, de la culture, de la réflexion. Elle œuvre pour l’indépendance des femmes sans pour autant « sexuer » ses propos (d’ailleurs elle n’avait aucune tendresse particulière pour les féministes de son temps). Bref une femme possède toutes les qualités dont s’enorgueillissent les hommes de l’époque avec le ton endémique du mâle dominant. Pour elle l’écriture est une arme pédagogique qui donne la parole aux opprimés, aux pauvres, aux démunis. Elle en use à bon escient. Voir les choses telles qu’elles doivent être, non telles qu’on voudrait qu’elles soient ; cesser de s’en tenir aux apparences trompeuses et aller au-delà de ce qui s’y cache est, en quelque sorte, le sacerdoce qu’a dû se fixer George Sand. En tout cas, l’ensemble de son travail me l’inspire. Chacun de ses écrits est porteur d’une idée directrice. « C’est faire de la peine à l’humanité que ne point s’en rendre compte », aurait pu dire mon oncle érudit et philosophe à ses heures. Sans pour autant dire que le niveau du commun des mortels baisse, j’éprouve un zeste de désespoir avec une pelure de tristesse.

Hors donc, cette auteure gagne à être connu.

J’ai d’abord posé trois ou quatre pernicieuses questions « peau de banane » à ma « vilipendeuse » bonne âme pour me rendre compte de l’étendue de ses connaissances. Piètres connaissances en vérité. Ignorance nourrie à l’à-peu-près, en réalité. Pitié les primates, faites preuve d’humilité, cessez vos grands airs, tournez votre langue de vipère dans vos grandes bouches et retournez à vos chères études quittées, à l’évidence, trop tôt.

Quoique d’un registre différent Siddhartha, que je conseille depuis des années, m’a valu le même type de retour (enfantin, naïf, ça ne va pas bien loin).

Rapido pour tous ceux qui ont perdu des neurones en route sachez que le complexe, quand il s’explique simplement devient LA RÉFÉRENCE.

Madame, vous qui n’avez pas été très gentille avec George Sand et « Le château de Pictordu », inutile de perdre votre temps. L’auteure n’est plus là pour se défendre ; si elle l’eut été, il y avait fort à parier que vous eussiez été ridicule avec votre maigre dialectique.

Quant à nous : ON S’EN FOUT !

Le mieux, si ce n’est pas déjà fait, est d’apprendre à dessiner un mouton…

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