white cat on brown wooden shelf

Contre l’ennui, la recette des crêpes

Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas choisi mes dernières lectures. Je me suis laissé « prescrire » le remède par d’autres.

La madame de la médiathèque m’a dit : « Si tu veux te distraire en voyageant, c’est tout bon ».

« La traversée des lumières » d’Éric de Kermel.

Quand j’ai lu sur la quatrième de couverture que nous irions à Bréhat (un de mes titres au demeurant), je n’ai pas pu résister. Cet archipel est à ma connaissance un des plus beaux (et j’ai pas mal voyagé). Et puis la madame de la médiathèque inspire confiance.

Après, au fil des pages, tu te laisses guider. Partir un jour. La Russie, Bréhat, le Tibet, Paris, Venise… de quoi remplir son carnet de voyage avec une chouette histoire pour ne pas se perdre dans les phrases. Pas étonnant que le héros soit touché par Jack London.

L’auteur de « La Libraire de la place aux herbes » (changer sa vie et réaliser son rêve au pays d’Haribo, c’est beau !) a commis une distraction sympathique à mettre entre toutes les mains quand elles sont reliées à des âmes baladeuses.


Murielle m’a fait l’éloge d’un auteur du coin. Il écrit des policiers. Je ne lis quasiment pas de policiers. Mais elle insiste et, si Murielle insiste, elle doit avoir de bonnes raisons. « Les conjurés de la Mare au Diable » de Franck Gardian. Un titre un peu accrocheur pour un policier bien écrit (ce n’est pas si fréquent dans ce genre). Un travail d’écriture qui n’a rien à envier quant au style à bien des romans dits « littéraire » (souvent à tort). L’intrigue est originale, les personnages inattendus et l’époque (le XIXe) parfaitement brossée. Dumas, Sand, Nerval, Gautier… ; que du beau monde pour peupler l’ouvrage ! (Dans la foulée, j’ai relu « Les illuminés » de mon pote Gérard, toujours à portée de table de chevet).

Je vous laisse découvrir l’histoire. Il vous en coûtera 12 EUR 50 CTS soit deux jours sans tabac, une omelette sans truffe et pas d’œuf d’esturgeon sur vos toasts (sauf si votre père est un acteur célèbre et que l’héritage soit proche).

Merci Murielle, tu avais raison ; Franck Gardian gagne à être connu.


En zappant frénétiquement, je suis tombé par hasard sur un libraire assez intrigant pour retenir mon attention. Il défendait avec force, mais aussi avec beaucoup de tendresse « 10, villa Gagliardini » de Marie Sizun.

(J’en profite pour vous recommander une recette de crêpes, celle de Sizun !)

Ce coup de cœur du libraire à la houppette guerrière ne m’a pas laissé indifférent. Point d’expectative, j’achète ! « 10, villa Gagliardini » aura sa place parmi des milliers de copains mal rangés sur de croulantes étagères.

La plume est légère assez fluide pour nous faire partager l’émotion. Par petites touches avec de menus détails, le charme opère. L’enfant sensible, fragile et capable de s’adapter à presque tout, m’a ému. En tout cas, je l’ai entendu ainsi.

Un petit billet bleu, et, le tour est joué.

Mais au fait, comment fait-on pour s’ennuyer ?

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