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Halte au désaveu

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crop woman taking notes while working on laptop

Écrire, cela fait beaucoup de bien aux gens. C’est un fait, une réalité qui dit beaucoup. Sans doute un médicament homéopathique, un garant d’équilibre entre la vie qui doit rendre des comptes et celle que l’on s’accapare… et puis le sentiment délicieux d’être un peu différent, tout le monde n’écrit pas, de se flatter l’ego de manière délicate. Écrire, c’est le permis pour les humbles de s’exprimer tout autant, de ne pas tuer sa femme acariâtre, ses enfants turbulents, son patron exécrable, son chef de service inutilement autoritaire, son voisin haineux, son banquier buté, de rayer la liste des envies et d’oublier celle des courses, de ne plus penser à son mal de dent, de ne pas ranger ses affaires, de laisser courir en procrastinant, de ne pas violenter les esprits chagrins, de ne pas tuer les méchants. Écrire, à y regarder de plus près, évite souvent de toucher le fond. Et puis écrire ne demande pas d’aptitudes particulières comme pour faire du pain, couper les cheveux, peindre une girafe, donner des cours… pas besoin de CAP ou de diplôme, rien qu’un peu de volonté. Il suffit de s’y mettre. L’inspiration guide la plume en prose ou en vers, chacun trouve un style au gré de ses envies de narrations.

stacked opened books

En fait, les seuls à plaindre sont ceux qui attendent de l’écriture une forme de reconnaissance. Les autres trouvent leur miel, s’inventent des capacités, trouve une thérapie qui calme leurs angoisses et prennent du plaisir, rien que du plaisir. D’ailleurs personne ne vous demande d’écrire correctement, suivant des règles jamais édictées, toujours sous-entendues. Il vous suffit de noircir des feuilles, de les raturer, d’en souligner certains passages fondamentaux, de les revoir, de les relire à haute voix, de les imposer à vos proches, d’en balancer la moitié à la poubelle, de les corriger encore et encore… puis de vous arrêter quand vous êtes satisfait.

stack of unorganized books with white covers

Sur le fond, il n’y a rien de plus sain que l’écriture et cela peut très bien ne jamais s’arrêter.

« C’est ça qu’est chouette »

close up shot of a crumpled paper

Sur la forme, si d’aventure vous avez le désir de vous faire connaître, de figurer en bonne place dans les rayons, les difficultés commencent. Les dix ou quinze « vraies » maisons d’éditions qui refusent vos tapuscrits ne sont pas pour autant à blâmer tant elles croulent sous les propositions. Quant aux entreprises qui, à mon sens, usurpent la fonction d’éditeur, qui vous demandent une participation, qui vous vendent des travaux d’imprimerie deux fois trop chers ; dans la mesure où leur promotion est bidon, je n’en pense pas grand-chose de bien.

Quitte à se démerder, autant le faire soi-même.
stacks of books on sunlit table in a bookstore

Que les «  écriveurs » en herbe se rassurent beaucoup parmi eux ont du talent, de l’intérêt et pourraient fort bien exister parmi les gros tirages. Il n’y a pas de grands auteurs, seulement des circonstances favorables. Je pourrais remplir des dizaines de volumes avec les phrases insipides de certains « hommes de lettres ». Mais, je dois aussi le reconnaître, je n’ai pas non plus assez de place pour loger les chefs d’œuvres dans ma bibliothèque.Le qualitatif n’est pas pour autant l’essentiel car le livre une fois choisit, une fois sortit de presse devient un objet manufacturé comme un autre. Le vendre relève de subtils mélanges, de dosages de communication et de marketing loin de la qualité intrinsèque de l’ouvrage. La gueule de l’auteur, ses soutiens, sa notoriété, ses sujets modes, ses amis journaleux, ses relations qui pèsent… vous pouvez toujours croire au hasard mais avoir un bon carnet d’adresse et les bonnes invitations qu’il suppose facilite le projet dans les grandes largeurs… si je puis dire.

full length of man sitting on floor

Petit encouragement cependant à ceux des auteurs qui lisent autre chose que leurs écrits, qui pensent avoir ce qu’il est convenu d’appeler une plume, qui souhaitent passer une grande partie de leur temps à coucher des histoires en étant convaincus d’avoir le talent pour le faire, qui, curieux des autres « écriveurs » veulent partager, qui souhaitent être reconnus dans ce milieu ostréicole… ne désespérez pas. Même les grands éditeurs ont souvent tort. La littérature aurait beaucoup perdu sans la ténacité de quelques auteurs devenus, à présent, apparemment très acceptables.

Louis Ferdinand Céline , Voyage au bout de la nuit

Jack Kerouac, Anges de la désolation

Romain Gary, La promesse de l’Aube

Marcel Proust, Á l’ombre des jeunes filles en fleurs

Georges Orwell, 1984

On aurait pu se passer de ces refusés mais c’eût été dommage.

woman reading a book on a hammock

Un jour viendra, gardez l’esprit ouvert et l’œil critique sur vos productions. Pour les autres, ceux qui se foutent de la notoriété, continuez à vous fabriquer des histoires, à narrer celles des autres, à déclamer vos poèmes et…

dark photo of an open book and autumn leaves

Restez libre à créer ce qui vous chante.

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