lynx in a forest

Comme un témoignage d’éternité

Parfois, j’écoute ces chers disparus. Non pas par pure nostalgie, car je ne le suis pas, nostalgique ; mais parce que depuis leur disparition, je n’ai pas retrouvé une « équivalence » qui puisse me permettre de ne plus penser à eux.

J’ai découvert le travail de Nilda Fernández un peu par hasard. Des amis m’avaient forcé la main pour assister à un de ses concerts. Une ville de province tranquille où les notables rentabilisent leur abonnement et font « confiance » au préposé à la culture qui, dans la pratique, programme un peu ce qui l’agrée sans se soucier d’équité, de parité et du reste. Comme dans presque toutes les villes de province, le public, un peu froid au départ, s’était progressivement lâché au point de ne plus vouloir quitter la salle sans bis repetita. Souvent la chierie pour le chanteur épuisé.

Auparavant, j’avais croisé l’artiste sans trop savoir ce qu’il faisait, dans un magasin d’instruments assez important pour mériter le détour. La visite qui s’impose en quelque sorte. C’est comme un réflexe assez logique. Les musiciens en déplacement visitent d’abord la boutique qui vend des instruments. Une démarche professionnelle qui touche un peu tout le monde. Seul le lieu change. Un cuisinier commence sa visite par l’étoilé du coin, un architecte par l’ouvrage d’art et les enfants sont attirés par les boutiques de jouets. « Ce qu’il faut voir » passe après. L’humain part de son nombril puis trace des cercles de plus en plus larges pour, parfois, découvrir les autres.

Nous avions discuté des guitares Dupont que je connaissais un peu pour avoir visité leur atelier non loin de Cognac (à l’époque, je testais les breuvages hors d’âge qui vous laisse au fond du palais un goût de paradis). Puis quelques plaisanteries taquines sur je ne sais plus quel abruti que nous avions croisé tous deux. L’homme m’avait laissé une impression positive. Son regard profond, bienveillant comme on dit maintenant à tout propos. À l’évidence un homme ouvert aux autres, curieux, apaisant. Nous nous étions quittés d’un signe de tête, sans doute persuadés de ne plus se voir. Ou alors par hasard. Le hasard d’un concert imprévu.

Nilda Fernández derrière une guitare qui paraît géante. Quelques mots, quelques sons. Une voix douce, délicate, des mélodies pointues, une poésie autant onirique que perturbante et un public attentif qui se laisse « envelopper ». La force de Nilda Fernández est la présence de son univers qui s’impose tout doucement, dont on ne veut pas s’extraire tant l’on s’y trouve bien. Mission accomplie ; public capté, adopté quelques mesures et orphelin deux heures plus tard. Après, tu achètes ses CD. Ce que je fis histoire d’en apprendre plus.

Madrid, Madrid – Nos fiançailles – Mes yeux dans ton regard…

donnent au saltimbanque une certaine notoriété qui se confirme au fil du temps. Son œuvre est authentique, multiple et sa démarche souvent singulière.

De Barcelone à Paris, fidèle à l’esprit du bateleur, de ville en ville et en roulotte, il se produit. Proche d’un public aimant comme attentif.

Une longue tournée en Russie avec Boris Moïsseïev et de beaux succès.


Avec Castelar 704, il met en musique l’immense Federico García Lorca.


Ne pas oublier l’album Mes hommages … du pur bonheur.

Écoutez sa voix fragile qui porte au loin, au plus profond…

Nilda Fernández : « Certaines fois, des choses fortes peuvent se dire doucement pour laisser la place à l’autre » écoutez

comme un témoignage d’éternité.

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Un commentaire

  1. Je ne connaissais pas tout ! Ils sont plusieurs, comme lui à venir de temps en temps bizarrement si proches, maintenant qu’ils sont partis.

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