Plaies, ire pour l’ire ; lire pour le plaisir

Plaies, ire pour l’ire ;

Lire pour le plaisir.

Lire est souvent considéré comme une corvée, comme un point de passage obligé pour accéder à l’étape suivante, comme une nécessité qui forgera l’honnête homme, comme un mauvais moment à passer quitte à grimacer. D’autant plus que l’image qui est faite à la lecture est résolument scolastique. Ainsi lire devient une contrainte parfois bien ennuyeuse mais qui subodore une annotation, une note en fait.

Une note qui nous suivra d’ailleurs : littéraire ou pas ? Et pourquoi pas : blanc de poulet ou cuisse ? brune ou rousse ? Bordeaux ou Bourgogne ? Mer ou montagne ? Frites ou patates sautées ?

Allons bon ! Soyons réalistes car votre note de bonne lecture vous suivra pas à pas et sera déterminante suivant votre poids dans la société. Il sera en effet impensable d’être indifférent aux belles lettres si d’aventure, vous deviez occuper un poste d’importance ou à responsabilité.

Avec la lecture qui devient successivement un savoir basique puis un déterminant tout en ignorant les plaisirs qu’elle peut procurer, comment ne pas s’étonner de sa chute annoncée ? Tant que le livre sera vu comme un pensum et qu’il vous rappellera la scolarité dans ce qu’elle a de plus triste, l’idée que la vox populi s’en fera sera globalement négative.

C’est ça qu’est triste !

Triste que ce prodigieux instrument de partage, devienne un élément de division pour certaines castes en mal de pouvoir ou de notoriété.

Triste mais peut-être pas rédhibitoire.

De notre point de vue, plutôt que de chercher des responsables qui n’existent pas tant le système crée l’amalgame tout en emportant dans le tourbillon de la modernité quiconque s’opposerait à ce qui est ; essayons quelques pistes. Quelquefois ça marche de donner le goût d’une lecture « plaisir ».

Quant à nous, pour faciliter soit l’accès soit la reprise de la lecture, nous avons choisi une formule mixte. Nous couplons avec un enregistrement audio, des textes faciles d’accès et peu connus. C’est ainsi que la collection « être lu > être entendu », qui a vu le jour en mai 2024, compte à ce jour trois titres (six sont prévus en 2025). Une formule accessible qui donne le choix entre l’audio, le texte ou les deux et qui fait souvent mouche.

Les moyens qui permettent de s’ouvrir à la lecture, en douceur, dans la joie et la bonne humeur sont, somme toute, assez nombreux. Certains dévorent avec passion une simple brochure de voyage et parfois même un guide touristique, d’autres des ouvrages techniques ou tout bêtement le mode d’emploi de leur toute nouvelle perceuse, la fameuse « Kitroutout ».

Pour conclure, ceux qui ont subi des textes abstrus peuvent revenir tout doucement à l’écrit par le biais de la bande dessinée. Moyen comme un autre pour oublier les nourritures de l’esprit qui vous ont gavés jusqu’à l’indigestion. Alors notez sur votre liste de course.

Les éditions Magnard publient une série de bandes dessinées pas connes. Elles sont suivis de moult commentaires bien pensés et d’explications bien à propos.

Comme disait César « Recommencer, ce n’est pas refaire ».

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