deer behind grass

Joie des Oreilles

Ma machine à téléportation me projette un peu partout sur la planète. Et c’est bien pratique car je n’ai pas ce don d’ubiquité bien utile pour qui est ouvert à tout et à tous, pour qui entend profiter pleinement de ses deux hémisphères qui, après avoir revendiqué leur autonomie, souhaitent l’indépendance.

Mais il faut savoir que le téléportage demande de nombreux réglages très minutieux, une mise au point délicate compte tenu des lieux visés et de leur géographie. Il ne s’agit pas d’amerrir dans un endroit infesté de requins énervés ou d’atterrir dans une mare réservée à l’amicale des crocodiles. Bref, voyager sans aggraver son bilan carbone ne supporte aucun amateurisme et n’a pas de place pour l’improvisation. S’il vous venait à l’idée une envie pressante d’évasion, la téléportation n’est pas toujours le moyen adéquat. La technologie oui mais pas n’importe comment.

person doing tricks on cassette tape

Il vous faudra, au cas où, trouver une autre solution pour voyager de par le monde. Une méthode toute aussi satisfaisante, toute aussi efficace. Avec un postulat de base : l’immédiateté. Histoire de donner le sel à vos instincts pas toujours réfléchis. Certaines envies sont des besoins quasi vitaux. Les voyages, destinés avant tout à s’abstraire d’un environnement pesant voir écrasant, en font parties.

J’ai une solution qui coule de source, qui vous ne décevra pas, dont vous vous ne lasserez jamais.

A l’évidence rien de mieux que la musique. En quelques octaves vous faîtes des bonds de plusieurs lieues même en tong ! Laissez-vous porter sans anicroche avec de bonnes clefs…

J’ai cependant affiné mes promenades atonales.

Sans jouer au guide touristique, je vous suggère d’adapter un type d’instrument pour adopter plus aisément une région du globe. Comme de tout temps l’homme a cherché à faire des instruments pour produire des sons nouveaux propre à l’émouvoir, chaque région génère ainsi un style en jouant l’invention locale. En fonction de notre sensibilité, qui change au gré de nos humeurs, il est possible d’aller bien loin. Un jour en Lettonie avec le kokle, un autre chez les cow-boys avec une simple guimbarde, puis au pays de l’opale avec le didgeridoo… Bon voyage, les possibilités sont nombreuses. On peut même voyager dans le temps et dans l’hexagone, les solutions ne manquent pas et s’il vous plaît ! avec les danses et les costumes d’époques. Le château médiéval, ce n’est pas mal aussi.

Parmi ces instruments et les musiques qui en découlent certains m’ont ému plus que d’autres. Je ne cherche pas à savoir pourquoi. Je me contente de le faire savoir ou de les faire connaître. Comme la somme de tout donne forcément des bénéfices, j’en garde précieusement certains, plus marquant à mon sens, au creux de mon oreille. Je dirais même plus, je les cajole davantage.

Pour mes ballades interstellaires par exemple j’ai découvert il y a peu d’années le Hang. Il m’a permis de longs périples à travers le cosmos. Des états seconds sans danger pour la santé, sans flipper, sans retombée et tout ce qui en découle. Je m’en satisfaisais béat, jusqu’au jour où une talentueuse peintre locale m’a présenté par le biais de son mobile le thérémin en ne tarissant pas d’éloge sur ledit.

Le thérémin inventé en 1920 par un Russe connu sous le nom de Léon Thérémine est un instrument de musique électronique parmi les plus anciens.

Le théromineur n’est pas en contact direct avec l’instrument. C’est en déplaçant ses mains et ses doigts autour de l’antenne qu’il crée des sons. Parfois proche de la voix humaine, d’autre fois de la scie musicale, les possibilités sont surprenantes. Quoiqu’il en soit le thérémin ouvre une porte musical où beaucoup reste à faire. A mon sens l’exploration n’en est qu’à ses débuts. Le temps d’atterrir, je vous laisse découvrir.

J’ai du mal à penser que l’on puisse être totalement insensible.

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4 commentaires

    1. Je suis allée écouter du theremine à Cuzion pas plus tard que mardi dernier…J’ai été littéralement transportée.
      Super bien ton article !

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