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Les canapés sont faits pour ça

Posté le janvier 14, 2024 at 2:03 pm par / No Comments

Gonflé par les « grosses » productions nord-américaines aux budgets démentiels, saturées de super-héros « anabolisés » ; je capte d’autant plus facilement le cinéma dit d’auteur, dans le sens où les outils de production n’ont pas la préemption sur tout.

Marre des films interminables, successions d’effets spéciaux (pour ne pas dire spécieux), de leçons de bonne morale, de bons sentiments, de théories simplistes, de lieux communs que même le bistrotier du coin évite de faire ; je m’écarte d’autant plus facilement de ce qui doit se voir pour discuter de tout et de rien avec ses collègues ou voisins (surtout de rien).

Écœuré par la complaisance des médias nationaux vis-à-vis de ces majors qui prétendent régir la culture du septième art ; j’ai choisi petit à petit d’autant plus facilement un cinéma qui suscite le rêve, un cinéma « d’histoires », un cinéma suffisamment créatif pour s’y plonger, s’oublier un moment. Ce cinéma existe et, contrairement à celui dont je parle ci-dessus, laisse des souvenirs, des idées, des questions, des sensations, des plaisirs.

Je ne m’interdis pas pour autant (je le revendique même) de me crétiniser avec des conneries grosses comme des bonnes résolutions de début d’année, mais dans le souci de ne pas s’endormir et de se réveiller abruti fixe, un regard circulaire vers des créateurs qui souhaitent me dire autre chose, s’impose.

Dont acte.

Un ami s’est récemment abonné à un magazine de télévision qui pond un contenu autre que des articles peopolisés. Avec son engagement, 10 films à voir ou à revoir. À la fois soutenir la presse sans pour autant oublier le patrimoine cinématographique.

J’en ai vu quelques-uns parmi les dix. Deux d’entre eux, c’est évident, m’invitent. L’envie de les revoir s’impose. La gabelle des temps modernes.

Je dois avouer ma préférence pour les films étrangers ou qui s’y passe. Une probable nécessité d’ailleurs. Une envie de voyager sans bouger mes fesses, mais qui m’a souvent inspirée pour me déplacer en chair et en os… surtout en chair. La Galice, patrie de Saint-Jacques-de-Compostelle, a encore des secrets pour moi alors, vous prendrez bien un petit As bestas ?

As bestas est un film simple comme une histoire qui se raconte et où l’on peut se reconnaître (dans le sens où nous sommes les deux faces d’une même pièce). L’histoire de deux étrangers installés en Espagne, désireux d‘y vivre en harmonie avec la nature. Rejetés par les autochtones, ils s’acharnent, bien décidés à prendre racine.

Imaginez un petit village montagnard où la xénophobie, avec son pendant de haine et de frustrations, donne sa pleine mesure. Un thriller sombre, glaçant. Une sorte de « Délivrance » bien de chez nous.

Comme disait mon grand-père « ‘y a que la fin de triste » ;

avec As bestas vous serez servis !

Marina Foïs, fidèle à ses habitudes, joue juste. Elle incarne le rôle avec suffisamment de force pour ne pas penser qu’une autre actrice puisse s’en emparer de plus belle manière. Parfaite à l’instar de Denis Ménochet.

Par Georges Biard, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56695901
Par Elena Ternovaja — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=115400468

Ne bougez pas, restez dans la montagne,


vous prendrez bien un petit Decision to Leave ?

Une mise en scène parfaite pour une incroyable histoire d’amour « déguisée » en thriller. Un film délicat, sophistiqué, à ne pas quitter des yeux tant chaque détail est intense. Cette histoire, somme toute classique, prouve une fois de plus que le style est l’âme de toute chose. Park Cham-Wook en a… du style.

Créateur : Michael Buckner 
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Crédits : WWD via Getty Images
Droits d'auteur : 2022 Penske Media

Ces films (et huit autres), offerts avec l’abonnement Télérama, sont aussi disponibles en V.O.D. pour quelques euros. Le prix d’un bon cigare ou d’un verre d’armagnac (je ne suis pas responsable des dommages subséquents, type cancer de la gorge ou cirrhose). Mais il est inutile de remplacer les uns par les autres. On peut très bien voir un film en fumant un bon cigare tout en sirotant un vieil armagnac (la tartine de houblon peut-être une option). Rien de mieux pour se vituler toute la soirée.

Les canapés sont faits pour ça !!!

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