Ça n’existe pas ou alors nous le sommes tous

Les réseaux sociaux, soucieux de notre bien-être, nous pondent des amis algorithmiques à qui mieux mieux. Pour rester positif, on va dire que c’est bien mais on va dire aussi que ce n’est pas suffisant. Je sais que je l’ai trop dit mais je le redis quand même. C’est mon crédo, mon leitmotiv. Et puis, pour me faire comprendre, je n’hésite pas à ratiociner, quitte à être pris pour le débris de service un poil valétudinaire. Bref, j’ai une fâcheuse tendance, je m’intéresse à ce que font « mes amis » car je crois qu’il serait ridicule d’en avoir autant tout en ignorant tout d’eux. Le simple fait, en tout cas pour mézigue, d’en compter plusieurs milliers, ne me suffit pas. Alors je navigue de-ci de-là, cheminant comme le petit âne en sifflotant « vous qui passez sans me voir » ou « parlez-moi de moi, ‘y a que ça qui m’intéresse ». Selon mon humeur, l’acrimonie qui m’effleure parfois.

En cherchant, parmi mes potos, je découvre souvent des créatifs qui me séduisent et trouve, parfois, de vrais amis. Peut-être parce que je ne dissocie pas « mon art » de celui des autres. Je me vois parmi tous, oubliant mon égo le temps d’un regard appuyé. Je trouve plus constructif d’aller au-devant de (d’eux) les mains ouvertes et sans arrière-pensées mercantiles plutôt que de se retenir avec son quant-à-soi, ses jalousies, ses frustrations. Ça serait chouette que les salons du livre ou les expos ne soient pas transformés en bal des égos. Une danse de regards méfiants, une valse de phrases assassines déguisées en bons mots.

L’expression artistique, tour de Babel où se logent thérapies, frustrations mais surtout une petite lumière qui nous permet d’oublier le temps qui coule dans nos veines, de donner un sens apaisant à notre vie et d’éviter de se perdre dans le désespérant quotidien. « Le quotidien m’étreint, tout le temps c’est pas rien »

Après ce long préambule pouvant se lire en diagonale (mais pas que…) j’en viens à cette amie croisée sur la toile.

LIBO

Un nom qui claque me dit-on. Je dirais qui faseye comme la voile qu’il suffit de border pour s’inviter au voyage… quand l’imagination déborde, qu’elle trouve au creux du gisant un souffle.

Je me balade sur face de bouc à intervalles réguliers (je garde le surf pour le spot de Sidi Ifni) de profil en profil et assez souvent je trouve ce qu’il est convenu d’appeler le talent. 

LIBO a su me promener dans son imaginaire. À l’évidence l’artiste agite ses méninges au fil du faire et c’est tellement mieux pour les curieux. Comme il est dit de créer sans entraves, le faire en gardant un fil à la patte est une performance de plus. Son style intuitif à la fois surprenant et reconnaissable, induit le besoin de se poser, d’observer, de se fondre dans chaque détail, chaque trouvaille. Parce que tout ceci est vrai. Un geyser qui jaillit sans crier gare, se suffit à lui-même. Alors, regarde et pleure seigneur dindon, tu m’en diras des nouvelles. Si tu n’aimes pas, passe ton chemin et si tu aimes, sache-le : LIBO est une amie…

La solitude ?

Ça n’existe pas ou alors nous le sommes tous… seuls.

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