livre poche Grossman Vie et destin

Je vous prie de rendre la liberté à mon livre


« Là où se lève l’aube du bien, des enfants et des vieillards périssent, le sang coule » V.Grossman

stalingrad guerre Ukraine

 

Un pavé dans la mare aux histoires légères, parfois creuses. Celles dont je me fais le chantre, l’apologue, et, dans les faits, le pratiquant. Vous savez le petit truc léger à la portée de tous, que tout le monde peut et sait écrire (sauf que). Moi, je ne prétends rien d’autre que le factuel tout en ne voulant rien d’autre. D’ailleurs je n’envisage rien d’autre tant que ce que j’écris plaît aux papillons. 🦋

Dans beaucoup de pays, la police débarque pour vous expliquer que vos écrits ne sont pas recommandables. C’est ce qui est arrivé pour « Vie et destin ». Alors quand vous avez passés des années à pondre une œuvre profonde, y’a pas à dire, ça doit traumatiser un max. J’ai coutume de dire que nous sommes canalisés par les algorithmes qui seront, à mon sens, les gendarmes et les censeurs de demain. Persuadé que l’avenir ne sera qu’un jeu de dupes, sans invoquer un quelconque courage, j’écris léger. Parce que je le veux bien. Lassé, désespéré, assez découragé pour ne plus croire suffisamment fort à de grandes destinées qui me seraient réservées. Je me disperse façon puzzle. Et puis, il faut bien le dire, je suis foutrement incapable de construire ce type de grande œuvre que j’admire, jalouse, aime. Les livres d’épaisseurs, riches, prégnants et qui forcent l’attention me retiennent.

Il en était un, passé au travers des mailles de mon filet de lecteur.

« Vie et destin » de Vassili Grossman.

Comparé à « Guerre et paix » mais rarement mis en avant. Et pourtant, qui mieux que lui a su narrer par le menu cet état d’esprit slave ? Ce roman volumineux nous invite à penser que deux régimes de l’époque portaient en eux de frappantes similitudes. Grossman fait de subtils parallèles, nous emporte dans une longue histoire envoûtante rendu un peu complexe avec beaucoup de personnages. Une vision puissante de l’histoire, du bien du mal et comme dirait ma tante Huguette de la croûte et de la mie. Dualité, dichotomie et foutoir éternel. Impossible pour qui aime se perdre dans les pages de ne pas s’y fondre avec délice.

Un temps saisi par le KGB dans les années soixante, l’ouvrage a survécu (petit miracle qui prouve que le KGB ne pensait pas à tout ou alors qu’il ne pensait pas du tout).

« Vie et destin » est une œuvre solide, une peinture de la société russe précise qui nous balade des ruines de Stalingrad à Treblinka en passant par un laboratoire de recherche tout en emboîtant les pas de l’Armée Rouge. Tout un programme d’actualité !

« C’est ça qu’est triste ! »

Alors si vous avez assez d’estomac pour avaler près de 1200 pages (existe en poche) (il faut quand même une grosse poche), y’a plus de temps à perdre !

livre poche Grossman Vie et destin

 

La « bonté sans pensée »  💧

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