Agaçant non ?
Agaçant non ?
L’art contemporain est par définition un art d’expérimentation. Sans comprendre cette notion et la globalité qu’elle sous-tend, il est possible d’en rire. Les esprits gourds ne s’en privent pas. En d’autre temps, l’obscurantisme de certains conservateurs, défenseurs du bon goût et garants d’un savoir-faire classique, ne s’est pas privé de mots blessants et de critiques acerbes. Dommage que l’homme à l’oreille coupée soit six pieds sous terre, il vous en aurait parlé mieux que moi de tous ces jean-foutres.
L’art est notre mode d’expression, le seul chemin pour notre désir de créer et peu importe sa forme, seule son existence est essentielle. Á ce titre, moquer un style, quel qu’il soit est tout simplement un délit de sale gueule vieux comme le monde et une preuve de bêtise . C‘est souvent comme ça lorsque l’on ne sait plus quoi dire.
J’invite les âmes emberlificotées dans leurs certitudes à visiter les salons d’art contemporain. Ils pourront constater avec ce qui leur reste d’ouverture aux autres que l’art n’est pas d’abord et avant tout une technique. C’est la vie, l’expression de notre gisant, l’essence, le sens.
Pour le reste, je ne vois pas en quoi une performance artistique, reflet authentique d’un instant, empêche d’apprécier Vélasquez, Goya, Vermeer, Michelangelo…
Une performance, c’est une contribution au processus de création, et si parfois elle bouscule l’ordre pré-établi par les classiques, dans tous les cas elle contribue à l’évolution, à la connaissance, à l’impérieuse nécessité de communiquer autre chose qu’un bulletion météo, que l’état de santé de tante Henriette, la coqueluche du petit et les bonnes affaires à réaliser vendredi prochain.
Agaçant non ?
Les réflexions débiles d’une spectatrice lors d’un happening qui d’un trait de mots sans cesse ressassé avec autorité perturbait et l’artiste et ses laudateurs. Qui sont ces gens qui défilent en costume de pingouin pour vous dire ce qui est véritable et ce qui ne l’est pas ? Des cons, au mieux des jaloux qui s’en tiennent aux dogmes parce qu’ils n’ont aucun talent pour exister autrement qu’en copie. Et la dame en question eût certainement trouvé les bons arguments pour envoyer au bûcher ceux qui osent penser et faire différemment.
Quand on a l’occasion de découvrir l’inconnu, une seule attitude s’impose : chercher à comprendre, à ressentir puis communiquer et parfois adhérer. On peut toujours faire preuve d’irrespect, condamner un tiers, ouvrir les portes de la rivalité, organiser une bataille rangée sans issue et au final se convaincre d’avoir eu raison. C’est bien connu l’ennemi, c’est l’autre. À moins de se poser des questions ; mais ça « Y’a ceux qui peuvent et ceux qui peuvent pas ».
Agaçant non ?
De ne pas avoir découvert certains artistes plus tôt. Sans chercher pour autant de fallacieuses excuses, le nombre de créateurs est impressionnant compte non tenu des dilettantes et des quelques centaines de copistes plus ou moins adroits.
Comme à ce jour tout le monde a son avis sur la question quel qu’en soit le sujet, forcément beaucoup de conneries tous azimuts sont dites. Mais les arts détiennent le record des phrases inutiles, insipides, creuses de signification, préformatées au bon sens et à l’ignorance. Il suffit pour s’en convaincre de fréquenter des salons littéraires ou d’aller au concert dodécaphonique ou bien de visiter une exposition d’art moderne. Si certains vous expliquent qu’il ne s’agit ni de littérature, ni de musique, ni de sculpture ou de peinture, vous aurez sans doute affaire à des spécialistes, et si ce n’est pas le cas à de simples abrutis sans imagination. Bref, n’écoutez pas ce qu’on vous dit doctement, faites-vous votre idée, personne ne vous regarde. Voici une douzaine de créateurs. C’est une invitation découverte, le stop ou encore dépend de vous.
















