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Stop ! Sauvons les arbres

Stop !

Lithographies originales de Jacques Pecnard. Éditions André Sauret, 1981-1983. 8 volumes au format petit in quarto sous reliure d'éditeur en toile avec motif doré au premier plat et sous emboitage, imprimé sur papier grand vélin ivoire des papèteries de Lana justifié N° 1592.

Depuis le temps qu’ils me gonflent tous ces érudits de pacotille ! je crois bien qu’il est temps en cette année 2026 de remettre les pendules à l’heure.

En effet quoi de plus irritant que d’être gavé de références faussement significatives ? Au tout premier rang, la madeleine de Proust dégoisé à tout bout de champ sans avoir lu une ligne dudit auteur.

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La même chose pour les spécialistes de science-fiction qui ignore l’existence de « La mort de la Terre » de Rosny aîné le précurseur.

Et que dire des thuriféraires de « 1984 » qui dans leur empressement d’étaler la confiture oublient de citer Evgueni Zamiatine ?

S’additionne la chauvine attitude qui voudrait que George Sand fut plus grande qu’elle ne fut et que Rollinat soit un poète incontournable.

Allons, allons les gens, soyez raisonnables ou au moins prenez du recul, faites preuve de discernement et n’étalez pas votre inculture de cette manière. Dans le Berry, il existe aussi des lettrés capables de faire la part des choses.

Nous vivons dans un monde de raccourcis où l’enveloppe suffit quand elle a une belle apparence et, voyez-vous, j’en suis contrit.

Stop !

Parce que Proust c’est bien autre chose qu’un biscuit fut-il un symbole. Proust c’est «  À la recherche du temps perdu », œuvre majeure en sept volumes. Personne n’est forcé ni de le lire ni de l’aimer ; mais parler d’un auteur, ce devrait être respecter son travail et d’être capable d’aller au-delà d’une recette pâtissière.

Stop !

Parce que la science-fiction est un style d’importance et que certaines bases « devraient » être requises et pour le moins les candidats à l’écriture devraient se pencher sérieusement sur le sujet histoire  d’éviter les doublons et de traiter les grands thèmes classiques de manière différente (à défaut d’originalité). De  Lovecraft à van Vogt, Ray Bradbury, Philippe K Dick, Isaac Asimov (liste non-exhaustive, cela va de soi), les sujets sont là mais ce n’est pas une raison pour les massacrer ou les édulcorer. Et surtout par pitié, quand vous utilisez un thème, ne cherchez pas à me faire croire qu’il s’agit de votre idée.

Stop !

Sans me lancer dans une énième diatribe peu amène, il me semble que George Sand évolua parmi des chefs-d’œuvre incontestables ( Le dernier jour d’un condamné – Les travailleurs de la mer – L’éducation sentimentale – Salammbô – De l’amour – Le rouge et le noir – Pauline – Bel ami – Boule de suif – L’assomoir – Germinal… ) et en comparaison (inévitable), cela donne un peu moins de force à son travail. Alors n’exagérons pas. George Sand comme de nombreux auteurs a contribué certes, mais avant de lui tresser des lauriers, les apologistes devraient situer l’écrivain dans son époque et… avec mesure. D’un autre côté, la porte est ouverte et à en juger par la quantité de banalités pondues, la recette est payante. Cette option mercantile étant inévitable dans notre monde devenu au premier chef… marchand.

Stop !

Je ne suis pas à proprement parler un spécialiste de la poésie mais j’attends d’elle des émotions. Là aussi, Rollinat fut entouré par des très grands  (Baudelaire, Rimbaud, Gérard de Nerval, Victor Hugo…) qui n’ont pas beaucoup vieilli alors que Rollinat… si.

Au fur et à mesure de mes rencontres avec les écrivains du cru, je me suis intéressé à leur travail (la réciproque étant rare). Alors Stop ! Avant de m’abreuver de votre science de l’écriture, il serait judicieux de vous intéresser à vos propres lignes.

Beaucoup écrivent de manière scolaire avec un vocabulaire limité, des tournures attendues, une pléiade de mésemplois et sans effet de style. Leur manque d’inspiration les pousse à d’inutiles fioritures et à utiliser un verbiage abondant qui infantilise le lecteur. Alors faites preuve d’un peu d’humilité. C’est probablement le sentiment le plus important pour un créateur. Lisez vos voisins ! Vous apprendrez des autres autant que de vous-même. Leur dénier du talent ne confirme en rien le vôtre.

Écrire est une discipline qui demande un minimum de savoir-faire et un peu de modestie ne nuirait pas à certains.

Est-ce bien nécessaire de tuer des arbres pour ça?

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