Besoin de rien, envie de voir
Je ne veux pas faire le fier mais, moi qui vous parle, « J’ai voyagé de Brest à Besançon en passant par Paris et par Avignon » sans oublier Londres, Rome, Madrid et bien d’autres endroits où
j’aurais pu (dit-on) rencontrer Radmila Dapic Jovandic.
Tout du moins son travail. Mais voilà maintenant, j’ai cramé mon bilan carbone et dans la vie on ne fait pas toujours ce que l’on veut (dit-on).

En 2019, l’artiste a exposé à Panazol (près de Limoges à quelques encablures de mon domicile) mais là encore, j’ai raté le coche (dit-on). Je me suis cependant interpellé avec une certaine fougue « quand même t’exagères, elle a fait le chemin depuis Sarajevo et toi tu fais le beau (dit-on) ». Comme c’est un ami cher qui m’a certifié que je devrais connaître cette artiste, que j’ai confiance en son jugement, j’ai culpabilisé comme c’est pas permis (dit-on).

Tout vient à point qui sait attendre (dit-on) v’la t-y pas qu’elle expose au
Moulin du Rabois à Argenton-sur-Creuse.
À portée de fusil (dit-on). Je me suis exclamé « il est temps maintenant ». Évidemment j’ai choisi un jour de pluie abondante pour rester concentré puissance dix (dit-on) sur l’exposition. Une envie de balade ensoleillée en bord de Creuse aurait pu compromettre en partie la visite. La vie est ainsi faite, nous sommes toujours partagés et nos choix se dressent face à nous ; si bien que jamais nous ne saurons si nous devions faire autre chose ce jour-là (ou un autre) Bref, vive la pluie.
L’artiste dont il est question, aux vues de ses multiples capacités techniques s’est aussi, à n’en pas douter, posé des questions. Choisir le bon chemin devant la fourche quand nous nous sommes égarés n’ai pas aisé.

Quoi qu’il en soit en 2025, les œuvres m’invitent. Sculptées, gravées, dessinées et mise en scène avec brio elles ouvrent des portes un peu particulières. Car la dame cultive le paradoxe des matières ce qui, presque à chaque pas, nous perd un peu. La douceur des lignes, la poésie des formes, la simplicité des supports, la brutalité des matières nous remettent d’aplomb.
Comme toujours quand le talent est là, l’osmose est réussit, le propos compréhensible touche l’âme et le spectateur applaudit des deux mains (dit-on). Ouvrez les écoutilles ! (dit-on).
Le papier kraft, le carton, la gravure, le dessin, tout donne un sens à ce qui se coud, se marque, se froisse, se plie, se peint, s’imprime, s’épingle pour au final révéler des formes phénomènes impromptues, en attente peut-être, en vie certainement. Un choc en fait.
Les émotions papa, ça ne se commande pas ! (dit-on).
