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Besoin de rien, envie d’écouter

L’environnement sonore est un des éléments principal contribuant à notre bien-être. D’autant qu’il est indissociable du reste. Il est en effet difficile d’apprécier le flux et le reflux de l’océan en bordure de plage sans en entendre le fracas, difficile d’admirer le vol d’une bergeronnette grise sans en entendre le chant, difficile tout autant d’admirer une gigantesque avalanche qui fracasse tout sur son passage sans en entendre le grondement, difficile de s’étonner des couleurs chatoyantes d’un feuillu sans le vent qui bruisse, un lion sans son feulement, une sirène sans son chant… il en est ainsi pour toute chose et nous ne pouvons, à moins d’être privé de ce sens précieux, nous y soustraire sans dommage pour notre équilibre. Il s’agit de la musique du monde réel, celui qui nous donne l’essentiel.

petites vagues, écume et plage
avalanche
vent dans les arbres, feuilles d’automne
lion

Et, paradoxe ingénu, même sans ouïe, une musique imaginaire va s’imposer dans bien d’autres situations.

Quand Jean Lurçat nomme sa gigantesque tapisserie « Le chant du monde », il fait appelle à la créativité de chacun. Nous avons en nous la musique adéquat pour son œuvre, à nous de la composer. Il en va de même pour de nombreux ouvrages d’art qui donnent à notre inspiration les ferments d’une création musicale.

Le monde est un immense orchestre symphonique parfaitement accordé, rassérénant, apaisant,
adapté à toutes les espèces. Chaque élément à sa sonorité d’une part et sa capacité à créer l’osmose entre le signifiant et le signifié d’autre part. Il ne saurait en être autrement. Le risque de vivre de craintes et d’angoisses est en partie évité.

Souvenons-nous lorsque enfant nous ne trouvions pas le sommeil parce que nous n’avions pas identifié les chants dans la demeure ancestrale. Car c’est seulement en posant chaque note qui sur l’escalier vermoulu, qui sur la vieille charpente grinçante, qui sur le sifflement du vent sous les tuiles que nous pouvions nous endormir apaisé.

En revanche, demandons-nous pourquoi la cacophonie des villes n’invite pas à la sérénité.

Là, la musique n’est pas, il s’agit en fait de bruits parasites.

Qu’on se le dise !

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