La question : « est-ce de l’art ? » n’a aucun intérêt

Que l’art contemporain soit, pour beaucoup, impénétrable, hermétique, n’est pas une surprise. À bien des égards il l’est. Peut-être que, parce que plus que toute autre forme d’art, pour l’appréhender, il faut faire preuve de curiosité, se poser davantage de questions. Comme un besoin de s’interroger sur l’œuvre pour l’apprécier. Sans doute parce que son histoire forme un tout indissociable avec l’artiste.

Enfin je crois !

À mon sens, l’émotion devrait être la seule qui puisse nous dicter nos penchants. Et ce, même s’il est possible et concevable de philosopher des heures et des heures sur telle ou telle peinture, sculpture, création. Une justification intellectuelle ou technique, aussi brillante soit-elle, n’est jamais suffisante et rarement satisfaisante.

L’émotion crénom de non !

J’en viens à Lee Ufan que j’ai découvert à Arles par hasard. Une belle surprise en vérité. Si le cœur vous en dit, il explicite sa démarche en long en large et en travers mais je ne sais toujours pas car je ne veux pas savoir. Je préfère ignorer l’intention. Son œuvre m’a séduit au-delà du plaisir. Elle a ouvert une porte au passant intrigué que je suis, perdu dans un monde à la fois neuf et croulant de passé. Comme une clef de magicien qui donne à pénétrer au-delà des réalités. Et puis s’oublier, se perdre ailleurs… un temps. La raison de l’art, son sens, sa direction, ses différences pour chacun de ses laudateurs.

Lee Ufan met en relation des matériaux dans leur forme originelle. Il donne ainsi un souffle singulier en tout et à tout. Je ne ferais pas comme certains critiques qui pensent utile de se lancer dans des propos didactiques pour nous dire ce que nous devons aimer et pourquoi. Je me contenterais d’épouser l’œil de l’artiste sans à priori ni condescendance en m’efforçant d’être sincère.

Libre à chacun d’adhérer ou pas, de se gausser parfois et même de donner son avis puisqu’il est de bon ton, de nos jours, d’avoir un avis sur tout !

En attendant, profitez !

La question : « est-ce de l’art ? » n’a aucun intérêt.

Si malgré tout une réponse vous réconforte la voilà :

Ça change quoi ?

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