Photo de Johann Walter Bantz sur Unsplash

50 ans, quinqua génère … rien ?

Il a réussi à m’énerver. Je suis pourtant d’un naturel plutôt calme. J’évite les sautes d’humeur ce qui permet à mon entourage d’apprécier un climat de concorde propice à faciliter l’échange et l’amitié.

Mais il a osé. Et quand un responsable lance une phrase lourde de sens de manière anodine, c’est agaçant. L’homme, au demeurant propre sur lui, a dit à propos du réchauffement climatique, que

« nul ne pouvait le prévoir ».

Je sais ça fait bizarre. Parce que : soit il est mal informé, soit il se fout de notre gueule. Les deux mon capitaine.

Un homme qui a en charge, la destinée d’une nation et l’ambition de gouverner (et donc de prévoir) devrait, au minimum, éviter de proférer une telle énormité. Pour le moins, ça discrédite le bonhomme et il est difficile de croire qu’il peut avoir des desseins réalistes pour son pays.

Quand j’entends ces simples mots « nul ne pouvait prévoir » j’acquiers une certitude : « avec ce gadjo, nous sommes vraiment dans la merde ».

Depuis une cinquantaine d’années nombre de scientifiques crédibles, philosophes, hommes de lettres, sociologues… nous ont mis en garde : qui sur le réchauffement climatique, qui sur la pollution destructrice de vie, qui sur les pandémies à venir, qui sur la disparition des espèces et notamment les insectes pollinisateurs, qui sur les océans transformés en poubelle, qui sur l’absence d’eau potable et les sécheresses, qui sur un système économique moribond et nauséabond…(vous pouvez continuer encore et encore).

Alors mon bon Monsieur :

« on pouvait prévoir ».

René Dumont s’est présenté aux présidentielles en 1974. Il est raillé sans être aucunement rallié. Les écolos, c’est rigolo ; des utopistes pas sérieux, et, en plus, ça bouffe de la salade ! Pourtant l’agronome avait raison. Au travers de nombreux articles, une cinquantaine d’ouvrages, il donne des solutions fiables à l’échelle mondiale et il prouve, comme tant d’autres « que l’on pouvait prévoir ».

Faut-il encore être curieux de la vie, et des autres !

Ou bien assez humainement construit pour comprendre.

Lecture conseillée : « L’utopie ou la mort » (Seuil 1974)

Pour enfoncer le clou, élargissez vos champs d’investigations avec Bernard Clavel, Théodore Monod, Jean Rostand, Pierre Rabhi, Lanza del Vasto…

Mars 2023, il remet le couvert.

V’là t-y pas un nouveau postulat « notre espérance de vie, ne cesse de s’accroître, donc nous devons travailler plus longtemps ». Il a encore réussi à m’énerver. Parce qu’en fait, avec toutes les bricoles qui vont nous tomber sur la tronche, il y a fort à parier que notre espérance de vie va diminuer si tant est qu’il reste le moindre espoir !

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