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Au-delà du monde

Changer de menu est recommandé pour la santé. Tous les diététiciens s’accordent là-dessus. La variété contribue à notre équilibre biologique, facilite la digestion et induit l’appétence. En d’autres termes, pour simplifier, ce que tu ingères est à varier (ah ! ah !) tout comme la manière dont tu l’ingères (car il ne s’agit pas de se bâfrer façon T.G.V.), et ce n’est pas un acte anodin tant il détermine ta bonne santé, ta résistance face aux agressivités subies à longueur d’années. D’autant, qu’avec le temps, ça a tendance à merder dès que nous nous laissons aller à morfaler.

Tout ça pour dire que ce qui est vrai pour la bouffe, l’est aussi pour le reste. La curiosité comme le changement, loin d’être de vilains défauts sont des nécessités pour rester éveillés, pour ne pas s’enfermer dans une boîte façon prêt-à-penser autrement appelée « de mon temps ». Toujours plus facile de s’aliéner à des rites que de s’ouvrir à la nouveauté. Les vieux machins sont ainsi faits, ils ratiocinent les mêmes choses jusqu’à la fin..

Hors donc, gardez l’esprit ouvert, mes frères ! Laissez-vous bercer par de l’inattendu.

Jean-Jacques Sialelli

Un peu de rock dans ce monde de brutes avec un album qui déchire ou pour le moins interpelle : « Odyssées » (2023), c’est 11 titres très personnels. Je dirais enfin tant cette société est saturée de redites. Pour ma part, « Hymne à la noix » (titre impossible à rater) est mon favori. Alors j’écoute et je le fais écouter comme le ravi de la crèche à qui l’on prête une oreille. Comme je n’ai pas perdu d’amis à la suite des auditions, j’en déduis que Jean-Jacques Sialelli, c’est pas mal du tout.

Chouette aussi le visuel de l’album.

Tamino

Plus soft que ci-dessus, ce jeune compositeur-interprète me balade. Je dirais comme un chanteur de proximité assis au pied de mon lit ou en tailleur sur le tapis pur mouton de mon salon. C’est à la fois occidentale et orientale avec en filigrane deux influences. Moi, j’adore les mélanges tant je me méfie de la consanguinité. De la pop solaire en fait. Déjà trois albums (2018/2022/2025) pour vous faire une idée.

Sa culture musicale est évidente. Son atmosphère de nuances servie par une large tessiture l’atteste. Du quart de ton en veux-tu en voilà mais une cohérence plutôt rare à ce jour.

Tamino (quel drôle de pseudo) offre beaucoup. Du folk high level.

Babylon (2024), ce serait un bon début.

Alessandro Sgobbio

Pour conclure cet article, une pointure, reconnue comme telle, du Jazz. En quelques années Alessandro Sgobbio s’est imposé dans cet univers difficile, cette grande et vaste famille peuplée de connaisseurs qui se veulent pointus autant qu’érudits, d’amateurs éclairés praticiens, d’amoureux du swing et de quelques alcooliques enfumés de fin de soirée. Je dirais le coin à part où chacun se reconnaît tout en suivant le rythme des claquements de doigts.

Ce compositeur talentueux apporte son point de vue au style. Très contemporain, son piano s’éloigne parfois des origines comme pour mieux y revenir jusqu’à envoûter celui qui se laisse porter par cette ambiance très singulière. Avec Alessandro Sgobbio, découvrez un autre Jazz et jouez les prolongations, les innovations encore et encore… un nouvel éclairage qui le sacre pour l’éternité !

Ecoutez Asker (Trees)

Cela se déguste 8’ 08’’… bien trop court.

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