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Comme pour tous les bons livres

Avec le temps, les surprises bonnes ou mauvaises me viennent autant des recommandations que de mes choix intuitifs. Mais je préfère découvrir par moi-même l’auteur. Dans le « propos artistique », il y a profusion de talents ; les trouver soi-même est à mon sens réjouissant.

Il me plaît, donc, de sélectionner une part significative de mes lectures au hasard des salons régionaux que je fréquente avec une certaine assiduité. Ainsi j’oublie les prescriptions médiatiques, souvent dictées par des intérêts qui n’ont rien à voir avec le sujet, pour me livrer à une « pioche » auprès des principaux concernés. Une forme de liberté au gré des rencontres qui pour l’instant, disons-le, me donne beaucoup plus qu’un suivisme aveugle auprès de « ce qui se dit, doit se faire, doit se lire ». D’autant plus que j’ai eu l’occasion de rencontrer des journalistes qui déblatéraient doctement sur un livre qu’il n’avait pas lu. Parfois ils font l’éloge de l’ouvrage, toujours sans l’avoir lu, mais pour l’auteur ce n’est pas plus rigolo. Je dirais même pénible.

Comme d’autres se chargent de vous parler des « grands auteurs, grands livres, grands éditeurs », j’va vous causer de mes fréquentations de lecteur indépendant qui fait le choix de choisir. Croyez-moi, vous ne perdrez pas au change en suivant vos instincts.

C’est un livre élégant qui vous accompagne le temps d’un voyage sans jamais vous lasser. Un bon ami en somme. Un compagnon avec qui passer un dimanche à la campagne.

Le style fluide, sobre, rend la lecture facile. Certains le trouveront peut-être un peu trop lisse, trop soigné, trop travaillé, aux angles trop arrondis… mais il faut des adeptes des aspérités, déjà bien avancés sur le chemin des complications pour occuper les hommes en blanc.

Quoi qu’il en soit, le besoin de pousser les pages, tombe sous le sens, le désir d’aller au bout dans les plus brefs délais, devient une nécessité.

Les personnages brossés avec sobriété sont attachants et, comme une évidence, le lecteur se glisse dans leurs ombres (normal avec cette chaleur moite !).

Je ne vais pas vous raconter l’histoire car je déteste connaître les clefs d’un roman avant de m’y plonger. Je hais les quatrièmes de couverture et les préfaces trop explicites ; mais, sachez-le, ce roman est une œuvre d’amour et de compassion pour le continent noir. Une œuvre qui effleure des sujets d’importance sans pour autant devenir moraliste.

Comme pour tous les bons livres, vous souhaiterez en voir la fin et comme pour tous les bons livres vous regretterez de la voir déjà.

L’auteur se nomme Frédérique de Lignières. Elle vous raconte une belle histoire, rien que pour vous. Le mieux est de se laisser faire.

À mettre entre toutes les mains.

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