portrait Anne Vanderlove

Souffler un peu ne serait pas superflu

Bien énervé avec une accumulation de petites épines quotidiennes, tu te dis que souffler un peu ne serait pas superflu. Alors, comme pas mal de tes congénères, tu te passes un CD pour te calmer, histoire de ne pas faire craquer la machine. Parfois, heureux hasard, tu deviens « tranquillou », tout tendre, tout doux. Peut-être bien cette voix de cristal qui t’arrache aux pénibles itérations d’une vie de labeur.

Souvent comparée à Joan Baez (ce n’est pas mon avis) Anne Vanderlove a d’abord la voix de la tranquillité, celle qui te mène auprès d’elle sur le chemin caillouteux, fameux raccourci pour accéder à la rivière. Là, le long de la berge, tu fais « sissitte », tu fermes les yeux, t’écoutes les sonorités de ses mots… et tu es bien. Tu te souviens comme c’est le cas quand les textes ne sont pas crétins.

Au printemps peut-être

L’hiver traîne encore ses guenilles
Aux déchirures du matin
Des brouillards brouillent les chemins
Mais le soleil les éparpille
Un soleil de miel et d’argent
Un soleil de printemps nouveau
Fragile et clair comme de l’eau
Danse, danse le printemps

Tous les bateaux

C’est dur, tu sais, de vivre à terre
Lorsque l’on n’a
Pas de racines familières
Et que l’on va
Entre les choses et les gens,
Comme à vau-l’eau,
Le cœur tant battu par les vents
Qu’il fait de l’eau,
Le cœur tant battu par les vents
Qu’il fait de l’eau

Barde des temps modernes au regard tendre pour craquer, acéré pour rester éveillé, Anne Vanderlove a su, toute sa carrière se renouveler sans nous mentir. Sa discographie en atteste et il serait stupide de s’en tenir à « Ballade en novembre ».

Chaîne Anne Vanderlove

Merci pour cela.

Il n’est pas bien mon remède pour la « calmitude » ?

Publications similaires

  • De bureau à coulisse

    Pour la plupart, le trombone se vend en boîte de cent, en différentes tailles ; surtout si on  ne veut pas abîmer ses documents avec des agrafes (quoique cela reste discutable, parce que, malgré tout, le trombone laisse des traces). Moi, cela m’évoque d’abord l’instrument. Petit enfant, quand j’entendis ce mot pour la première fois…

  • Anne

    “Derrière chez moi, savez-vous quoi qu’il y a ?” Ben ! Mon petit bonhomme tu t’armes de curiosité, tu mets tes pinces à vélo 🚲 et en route pour Gargilesse au Festival d’été. Le festival qui fait du son sans faire du bruit. De la musique en fait. N’entends pas pour autant que je privilégie…

  • Tonton et son petit paradis

    Mon oncle a cessé de respirer au printemps dernier et, tandis que nous, ses petits-neveux chéris, pleurions sur son corps encore tiède, notre tantine pragmatique nous distribua une collection de vinyles à faire pâlir d’envie bon nombre de collectionneurs, et de sons particuliers, et de raretés, et de perles oubliées. La douairière se « débarrassa » ainsi…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *