Les Diaboliques

Profusion

Je suis sidéré par ce monde de profusion, ce besoin du consommateur d’avoir des choix sans limites au point de passer plus de temps à choisir qu’à consommer.

Je n’y échappe pas plus que d’autres, alors que je sens bien qu’il induit un tri « malin » qui n’est pas forcément de mon fait.

Peur

Notre peur, savamment entretenue par je ne sais quel algorithme, de passer « à côté » d’une opportunité devient comme une seconde peau, un réflexe indispensable.

Car il est dit que ne pas disposer d’une multitude de propositions peut nous nuire.

Marketing

Il en va ainsi du progrès. « S’agit pas de manquer d’informations ! » Malgré une dépense d’énergie souvent stérile, nous devons choisir ! Mais finalement nous obéissons à des désidératas marketing.

Choix

Cependant tôt ou tard, le dindon de la farce peut réagir, choisir autrement, se fier à son intuition, aux conseils de ses amis, donner à ses achats une part de hasard.

Depuis que je pratique et que je me plie à ma propre mode, curieusement, je me sens plus léger. Et c’est surtout vrai quand il s’agit d’une œuvre audio-visuelle, d’un spectacle ou d’un ouvrage littéraire.

Pour mes lectures, par exemple, je n’oublie jamais de laisser une place importante à mes classiques. Car je me suis aperçu, en lisant des textes destinés aux livres audio, que l’assemblage des mots (avant notre ère de profusion) avait une dimension chorale.

Ça chante, ça résonne, ça raisonne, ça raconte, ça me parle. Le temps des phrases d’antan me repose, tout de charme suranné, de sentiments soufflés au creux de mon âme.

Jules Barbey d’Aurevilly

Jules Barbey d’Aurevilly et son recueil de six nouvelles « Les Diaboliques » m’a donné plus de plaisir que bien des OEUVRES contemporaines, parfois prétentieuses, dont on parle et qu’il faut avoir lu (Pourquoi ? En général on ne sait pas trop).

Le rideau cramoisi, première nouvelle du recueil (disponible gratuitement en livre audio sur ce site) donne le ton avec au final différentes interprétations tant la part de mystère, d’ambiguïté, d’étrangeté y est entretenue. Chez Barbey d’Aurevilly , les histoires s’emboîtent dans l’histoire. C’est une arborescence où chaque phrase en appelle une autre qui s’imbrique naturellement, prend sa place comme une pierre dans un mur en construction dont on voudrait voir le sommet au plus vite (mais pas trop).

Le rideau cramoisi, Le plus bel amour de Don Juan, Le bonheur dans le crime, Le dessous de cartes d’une partie de whist, À un dîner d’athées et La vengeance d’une femme constituent le recueil.

Meurtre, vengeance, amour, mystères… À vous de lire.

 

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