Pas si simple

Lorsqu’un enfant curieux ne comprend pas la signification d’un mot, il demande. Éclaircir ses neurones est pour lui une priorité. C’est à cette attitude que l’on reconnaît un enfant capable potentiellement de s’insérer par le haut dans notre civilisation « peau d’âne ». Mais tout n’est pas perdu pour les autres plus timorés, car même s’ils ne posent pas de questions, il est assez simple de forcer leur attention. La soif de grandir pousse à l’évolution ; la nécessité d’assimiler pour faire partie d’un clan est un moteur puissant.
Bref un enfant, c’est presque toujours prometteur. Ce sont les adultes qui posent des problèmes. La plupart se reposent sur leurs lauriers et leur crasse ne fait qu’empirer avec l’âge. Ajouter à cela, une propension à la comédie puisqu’ils jouent à « moi, je sais » ou « tu verras quand t’auras mon âge » ou « j’ai assez d’expérience pour ne plus rien avoir à apprendre ».

Certaines grandes personnes sont bizarres et quand elles ne comprennent pas qui la signification d’un mot qui une démonstration un peu complexe, restent coites sans pour autant éprouver la moindre gêne « s’agirait pas de passer pour un imbécile ! ». Ils laissent parler leur interlocuteur tout en acquiesçant à intervalle régulier quitte à ajouter « bien sûr », « évidemment ». Et pourtant ils devraient se donner une petite chance en s’ouvrant à la connaissance pour ne pas laisser s’évaporer leurs acquis qui, à présent nous le savons, s’effritent avec le temps. La connaissance, c’est le petit plus qui évite les routines ennuyeuses, les itérations à la con dont on finit par ignorer le pourquoi et la clef magique du partage. Cependant il ne s’agit pas de se lancer à corps perdu sans la moindre méthode, de dévorer des pages de lignes sans les comprendre parce qu’à ce rythme, on se lasse. Une porte s’ouvre avec la bonne clef ! Simple, évident.
Tout ça pour dire que je détiens, en exclusivité, la solution. Si vous êtes un gros feignant, un fatigué du bulbe, un poilu du creux de la main, un adepte de l’à-peu-près, le chantre de la quatrième de couverture, la fashion victime de ce qu’il faut savoir… v’là le clairon qui sonne. Garde à vous !

Arrêtez de vous la péter en inventant des mots ou en en utilisant sans en connaître la signification, cessez de raisonner sans arguments, ne donnez plus le change, arrangez-vous pour être convaincu avant de convaincre et surtout, surtout, surtout, revenez aux fondamentaux. Il n’y a pas de honte à ne pas savoir mais ne pas vouloir le savoir, ça n’aide pas. Alors cessez de vous en remettre uniquement à vos intuitions épidermiques, cessez de consulter votre mobile comme s’il s’agissait d’un maître à penser, cessez de vous confier à l’I.A. qui sait tout faire sauf réfléchir, cessez votre vie d’automate, soyez autonome, vivez par votre pensée, faîtes un effort en plantant la graine et régalez-vous des fruits qu’elle produit.
Après on discute, on échange, on construit. C’est ça, vivre ensemble. Et je vous l’assure, ensemble, c’est bien mieux qu’avec.
On commence par quoi ?
La dialectique pour les nuls. Je m’y mets tout de suite, histoire d’arrêter mes délires, de me sentir à la hauteur !

Introuvable à ce jour, alors on va dire que la dialectique « n’est rien de plus que la science des lois générales du mouvement et du développement de nature, de la société humaine et de la pensée »
Engels – Anti-Dühring (1878).
Ou alors une tentative de comprendre notre monde réel ? Son interdépendance ?
Les carottes sont cuites.
Je retourne à mes études, sans aucun doute, je n’ai pas bien écouté mes professeurs. C’est ballot, la plupart d’entre eux voulaient vraiment m’enseigner des tas de choses.

