Photo by Hamza NOUASRIA on Unsplash

Petit, petit, petit

J’aime les gens qui écrivent et qui lisent (à mon avis les deux sont indissociables).

Je ne les aime pas parce qu’ils écrivent ou parce qu’ils lisent mais parce qu’ils échangent rêves et points de vue, spontanément. Dans un monde où la plupart s’identifient au travers de leurs possessions et “se la raconte”, je trouve que ceux qui partagent, qui content leur vie sans la compter, sont stimulants. Et ce partage, il existe dans certains lieux plus que d’autres.

📚 La petite librairie spécialisée en est un.Robert de Goulaine angle de chasse Robert de goulaine

En fait c’est surtout le libraire le spécialisé. Un premier lecteur passionné qui fait le passeur, donne à d’autres ses émotions en partage. Ainsi j’ai découvert “Le livre des vins rares ou disparus” de Robert de Goulaine. C’était il y a longtemps. Un peu plus tard avec Midori, nous avons rencontré l’auteur et partagé davantage encore. Je garde précieusement son livre “Angles de chasse” qu’il nous a dédicacé en souriant parce qu’il savait à quel point nous n’avions pas d’affinité pour l’exercice. Mais l’humour et la finesse du propos avait su nous emporter (bien obligés de le reconnaître). Quoiqu’il en soit, Robert de Goulaine, aujourd’hui disparu, est un auteur à connaître. Nombre de ses ouvrages sont en vente sur Decitre.fr. Son écriture élégante saura vous séduire et vous prouvera une fois de plus qu’une grande notoriété ne suffit pas. Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir dit au Marquis que j’aimais son travail. Sans doute étions-nous trop occupés à commenter “Au-dessous du volcan” de Malcolm Lowry.

📚 Le “petit salon littéraire” en est un autre.

Au siècle dernier j’ai eu ma première révélation en gare de Nantes. Il y avait dans le hall quelques écrivains locaux qui présentaient leurs ouvrages. D’abord sceptique, puisque persuadé de ne trouver que du travail mineur (petits éditeurs sans grande “couverture” nationale”), je me suis laissé guider par un ami qui ne voulait que mon bien. Sur ses conseils, j’ai acheté “Cœur contre cœur” de Geneviève Lebouteux que j’ai lu puis relu il y a quelques jours. Contes d’amour et d’eau fraîche, récits initiatiques… je me suis laissé porter comme il y a plus de vingt ans avec le même plaisir simple que donnent certaines lectures sans prétentions mais avec beaucoup de profondeur. Encore en vente à la Fnac.

genevieve lebouteux

Depuis je n’ai cessé de hanter les salons proches de mes lieux de résidence. À la recherche du talent, pour qu’il ne soit pas perdu pour tout le monde. Et même si j’ai parfois été déçu (pas plus qu’avec les recommandations de journalistes qui n’ont pas lu les livres qu’ils vous conseillent), j’ai toujours fini par trouver mon bonheur parmi les dizaines et les dizaines d’ouvrages découverts.

jao la tarte aux fraisesJe pourrais dresser une liste non exhaustive mais le but est de vous inciter à la découverte de femmes et d’hommes qui vous veulent du bien tout en s’en faisant. Ma dernière belle rencontre cependant, histoire de conclure sur une lecture “La Tarte aux fraises” de Jao. Recueil de textes délicieux illustrés de collages originaux de l’auteur. Bref à déguster en claquant du palais au coin de l’âtre en rêvassant. Le temps d’en savourer l’authenticité. Au pays de George Sand, je n’en attendais pas moins. En vente dans toutes les bonnes librairies : Editions MonLimousin.fr

Publications similaires

  • Les perchés du Val

    Je suis toujours frappé par l’intérêt que certains portent aux destinations lointaines alors même qu’ils ignorent tout de leur environnement proche. Pourtant, dans ce pays fromager qui est le mien, je croise une foultitude de personnages attachants, souvent passionnants qui m’apportent ce qu’il est difficile d’avoir quand on ne maîtrise pas totalement le Yoron ou…

  • Plaies, ire pour l’ire ; lire pour le plaisir

    Plaies, ire pour l’ire ; Lire pour le plaisir. Lire est souvent considéré comme une corvée, comme un point de passage obligé pour accéder à l’étape suivante, comme une nécessité qui forgera l’honnête homme, comme un mauvais moment à passer quitte à grimacer. D’autant plus que l’image qui est faite à la lecture est résolument…

  • Halte au désaveu

    Écrire, cela fait beaucoup de bien aux gens. C’est un fait, une réalité qui dit beaucoup. Sans doute un médicament homéopathique, un garant d’équilibre entre la vie qui doit rendre des comptes et celle que l’on s’accapare… et puis le sentiment délicieux d’être un peu différent, tout le monde n’écrit pas, de se flatter l’ego…

  • Et puis un homme qui …

    Dans ce monde où nous croisons sans cesse de plus en plus de gougnafiers, trois jours pour le plaisir de nos sens avec de longs silences reposants à bercer mon cœur de langueurs monotones… Ça ne se refuse pas. S’éloigner de ces incontinences verbales, logorrhées irrépressibles des temps nouveaux, devient indispensable à mon équilibre mental…

  • On se comprend…!?

    De fin décembre à début janvier, nous nous comprenons. Avec ce souci de ne pas faire de vagues, d’éloigner les ambiguïtés, de parler un même langage. Un langage simple, riche de bonnes intentions, de bons sentiments qui ne s’expriment qu’avec des mots faciles, accessibles à tous. Noël, et la famille, enfin, réunie (que du bonheur…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *