Une âme forte

J’ai découvert Jean Giono, adolescent. À un âge où les coups de cœur sont entiers. Il n’y a pas de doute, c’est sans équivoque. Si bien que, j’ai lu presque toute son œuvre et l’ai défendue bec et ongles. Avec âpreté… parfois sans mesure. L’auteur avait, en moi, un défenseur près à tout pour donner à ses écrits plus, plus, et davantage. Avec cet esprit de contradiction propre à la jeunesse qui supporte mal les avis qui ne sont pas les siens, qui le pousse à sacraliser, sublimer, idolâtrer.

Le Manosquin a su me donner ce que je cherchais alors désespérément. Une personnalité solide, originale qui en jette assez pour frimer auprès des autres, parmi les jupons. Il m’a permis de m’identifier à cette région éloignée où les habitants chantent en parlant, qui sent bon la lavande, le rire et le drame, l’outrance des sentiments et les histoires sans fin. Je me suis senti un peu plus chic, à partager des contes plus vrais les uns que les autres tant ils sont inventés avec sincérité. Un souffle onirique, ou que je jugeais tel, qui vous colle à la peau comme une feuille se plaque à l’arbre en se pliant au souffle de la brise.

Regain, Le hussard sur le toit, Un roi sans divertissement… et puis « ma préférence…à moi » :

 Les âmes fortes.

Une nuit. La veillée funèbre. Albert le mort et l’ignoré. Trois commères. Le roman est une toile de maître. Chaque détail fascine, enveloppe, ne finit pas ; les mots puisent au fond de notre âme. C’est un texte puissant, surprenant, critique. L’héroïne Thérèse est contestée par une narratrice anonyme et ce jeu de « vérités plurielles » annonce une nouvelle ère.

Laissez-vous faire. Disponible partout et pour tous (quel que soit votre angle, vous trouverez !).

Si d’aventure les enfants sont trop turbulents pendant la lecture des âmes fortes, « L’homme qui plantait des arbres » :

 

 

, suivit d’une bonne discussion à la veillée sur les catastrophes écologiques à venir.

Je ne crois pas que Jean Giono puisse laisser indifférent, alors j’insiste !!!

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