Alors l’année prochaine venez entendre sans attendre ..!

La saison « LA PARENTHĖSE Musique » est fidèle à elle-même. Identique et pareille et à la fois tout autre, elle nous livre des musiciens différents quant au style grâce à la sélection éclectique autant que judicieuse des programmateurs. Si bien que chacun y trouve, à coup sûr, le bon son qui conviendra à sa sensibilité. Comme dit l’abbé Ration « c’est bien le diable si tu ne trouves pas ton bonheur parmi le choix ». Eh oui, le choix, devenu indispensable dans notre société de surconsommation. Le choix guide nos pas, même si parfois, nous nous y perdons un peu.

Devant un aréopage d’amateurs de portées, les concerts tiennent souvent leurs promesses. Un public qui se mêle et se partage entre les touristes de chacune des rives de la région parisienne et les locaux du troisième âge (avec parfois pour la disharmonie, les petits enfants qui se lassent au troisième morceau… et le font savoir).

En tout cas, la majorité (qui a raison, dit-on) aime ce qui est proposé et le témoigne. Si j’en juge par la démarche alerte du public se pressant nombreux avec une bonne heure d’avance.

Comme nous sommes de moins en moins seuls, c’est de plus en plus difficile d’avoir une place royale. Mais il n’y a pas grand-chose à dire, c’est gratuit (ceci explique cela). Il n’est cependant pas interdit, qui de remplir le chapeau à la sortie, qui d’acheter un CD, qui de boire un godet avec les artistes se prêtant de bonne grâce au jeu des questions-réponses bateaux.

Les trois ensemble, c’est possible.

Halte là !

Ce qui frappe avec

Sly Johnson

est une forme d’aisance, de décontraction qui n’appartiennent qu’aux pros capables de maîtriser leur art, capables de donner le meilleur sans en rajouter. La musique originelle joue sa partition, marie les sons et les notes. Deux musiciens s’y collent. Le public, enfin, n’a d’autre alternative qu’une participation en bonne et dû forme. Là est le tour de force de l’homme qui sait impliquer toutes et tous avec juste ce qu’il faut de fioritures. Les oreilles qui se tendent ne lui suffisent pas, il prend tout de la tête aux pieds.

D’autant que, il faut bien le dire, entendre et voir un musicien construire un morceau pas à pas en partant d’un son envoyé en looping, ça en jette Odette (hasard je te bénis ! J’ai cru comprendre que ma voisine de derrière se prénommait Odette).

Sly Johnson improvise, rend hommage à son père avec un « Georgia on My Mind » plus qu’honorable, navigue parmi le Hip-Hop, le Funk et le Jazz… Ҫa groove un max, reste à se laisser porter pour passer une bonne soirée.

Suivre et pour les oreilles

Halte là !

Zakouska

enfin vous voilà qu’elle a dit la dame. Le quatuor qui traîne dans chaque port, de l’Adriatique à la mer Égée. Ҫa « violonise », guitarise, « accordéonise », bat la mesure, « chantonise » et tourbillonne. Ils pourraient continuer jusqu’au petit matin parce qu’en fait en quelques minutes, leur musique est un prolongement d’eux même. Wharf, c’est quoi ce qui coule dans leurs veines ?

Voyage dans les Balkans. Kusturica, dont j’ai vu presque tous les films (c’est pour me vanter), n’est pas loin. Les références viennent à l’esprit. Zakouska évoque les images. Par exemple Gadjo dilo, le dernier d’une trilogie de Tony Gatlif. Rien de nostalgique pour autant. Pas besoin, Zakouska livre en direct. Ce soir, en l’église de Ceaulmont (point de vue remarquable).

Mécanique rodée, envolées maîtrisées, dérapages contrôlés, inspirations plutôt surprenantes, font de ce groupe une référence dans le genre, bien venue parmi nous.

Les Balkans et la Méditerranée, c’est grand comme espace, pourtant le quatuor le transporte de cœur à cœur avec légèreté, enthousiasme et, du fond des âges, nous le restitue.

« Ouah ! » Qu’elle a dit Midori « ne me dessine pas de mouton, achète plutôt un CD ». Dont acte. Tout de trouvailles créatives, récréatives, Pif gadget et même le reste. De quoi se le passer en boucle quelques jours. Quand on aime on ne lésine pas. À vous de juger.

Suivre.

Halte là !

C’est tout pour cette année. D’autres méritaient le détour mais la vie est injuste et a tendance à distribuer des privilèges au hasard.

Alors l’année prochaine venez entendre sans attendre !

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