Lire

Marguerite

Posted On octobre 19, 2021 at 4:36 by / No Comments

« Plaise à Celui qui Est peut-être de dilater le cœur de l’homme à la mesure de toute la vie. »

(« L’œuvre au noir »)

 

C’est un type de littérature auquel je m’efforce de souscrire par intermittence. Comme pour garder intact une vivacité d’esprit. Mais il ne me transporte pas vraiment.

Je peine à m’y noyer, à m’y fondre tant je crains d’en oublier la substance première. J’entends par là le cœur de l’histoire et sa part onirique que je crains de survoler au profit du “décryptage” sans m’en imprégner, trop occupé à me concentrer sur la complexité stylistique.alchimie

Certains prétendent que ce qui peut paraître un exercice laborieux pour un non-initié, se transforme en plaisirs “subtils” après quelques dizaines de pages.

Me concernant, si c’est parfois vrai ce ne l’est jamais bien longtemps. Jamais au point de me fondre dans les lignes et d’oublier le temps (perdu… en quelque sorte).

Alors que faire quand on aime se plonger dans une autre narration que celle de son quotidien ? Que lire reste LE moyen privilégié pour apaiser le sang qui coule dans nos veines ?

Moi, au risque de paraître parfois débile, je panache, je m’abreuve d’un peu tout en piochant çà et là au hasard des rencontres, en pensant, un brin amusé, à ce prof du secondaire et sa moue dubitative, un tantinet méprisante dès lors qu’il s’agissait d’une littérature qui n’avait pas son blanc-seing.

Cet homme avait un sentiment de supériorité qui, à l’évidence faussait son jugement. J’ai lu plus tard quelques-uns de ses livres pour conclure qu’il n’était en rien l’alter ego de Balzac, de Proust et de tant d’autres dont il se gaussait.

Car, en vérité je vous le dis, il ne suffit pas d’aduler pour être Dudule (en français dans le texte).

Ce qui me semble vrai, ce sont les traces laissées par nos lectures.

Et c’est vrai que les textes qui, de prime abord, nous ont parus abscons, sont restés dans nos mémoires. Sans doute que davantage de connexions suffisent à marquer davantage. Avec le recul, on se réfère plus facilement aux œuvres denses. Normal compte tenu d’une élaboration structurelle nécessaire à leur bonne compréhension.

Plus difficile de trouver des souvenirs dans une écriture dite légère. Pour autant, l’individu lecteur que je suis, prend aussi du plaisir à dévorer des lignes au kilomètre en les oubliant sitôt lues. L’absence de profondeur doit sans doute se savourer dans l’instant.

Faisons court, les genres ne s’opposent pas mais sont complémentaires. À mon avis, pour l’art comme pour le reste, l’éclectisme fera plus pour l’humanité que le besoin d’attribution dicté par une espèce de nécessité catégorielle qui nous enferme dans des cases tout en ne profitant qu’à quelques snobs imbus, souvent imbuvables et toujours prétentieux.

Yourcenar ne s’oppose pas à la bande dessinée, ni Mozart au rap, ni Bruegel à Mondrian, etcetera, etcetera…

En attendant, si ce n’est pas déjà fait, lisez “L’œuvre au noir” de Marguerite Yourcenar.livre edition originale oeuvre au noir

Impossible à oublier.

 

 

 

 

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